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Étude de cas : le secouriste secouru

Étude de cas : le secouriste secouru

Les municipalités possèdent et assurent plusieurs types de véhicules, notamment les véhicules du Service des travaux publics et ceux du Service de sécurité incendie.

Les réclamations rapportées aux assureurs dans le secteur automobile sont particulièrement fréquentes et une partie importante des sinistres automobiles les plus coûteux n’impliquent aucun autre véhicule que celui accidenté. Certains véhicules, comme ceux du Service de sécurité incendie ont une valeur importante et sont souvent conduits en situation d’urgence.

Par ailleurs, un déplacement d’urgence lorsque la chaussée est glissante augmente les risques d’accident.

Afin d’illustrer nos propos, nous présentons ci-dessous un cas fictif, mais très réaliste, d’un événement qui aurait pu survenir dans n’importe quelle municipalité. À noter que toute ressemblance avec des personnes ou des faits ayant eu lieu n’est que pure coïncidence.

Ce qui est arrivé

Au mois de février, les pompiers de la municipalité ont été appelés, à 16 h 30, pour intervenir sur l’incendie d’une résidence à l’extérieur du périmètre urbain. Martine, la chauffeuse du camion-citerne, s’est dépêchée sur les lieux.

Les conditions routières sont plutôt difficiles puisqu’il a neigé toute la journée et une bonne couche de neige s’est accumulée sur la route rendant la chaussée glissante. Le chemin pour se rendre sur les lieux de l’incendie comporte plusieurs courbes et dans l’une de celles-ci le camion-citerne a subi un déséquilibre dans son réservoir d’eau. Le camion a effectué alors une sortie de route ce qui l’a empêché de se rendre sur les lieux de l’incendie et d’alimenter en eau l’autopompe pour le combat de ce dernier.

Il a donc fallu attendre l’arrivée du camion de la municipalité voisine. Par conséquent, l’intervention des pompiers a été retardée et l’immeuble a subi des dommages très importants.

Lors de l’enquête, il a été révélé que Martine avait la classe de permis appropriée pour conduire le véhicule et qu’elle détenait plus de 15 ans d’expérience dans la conduite de véhicules d’intervention. Néanmoins, il semblerait qu’elle n’ait pas adapté sa conduite pour tenir compte de la chaussée glissante.

Comme certaines pièces n’étaient pas disponibles pour la réparation du camion, la municipalité a dû louer un camion-citerne le temps que le sien soit réparé.

Résultat : La résidence d’un citoyen est perte totale, car l’intervention n’a pu se faire rapidement. Le citoyen a été indemnisé par son assureur, mais ce dernier a transmis une mise en demeure à la municipalité alléguant un combat d’incendie fautif.

Des centaines de milliers de dollars de dommages ont été causés au véhicule incendie et des frais ont dû être déboursés pour la location d’un camion-citerne pendant les 2 mois nécessaires à la réparation de celui endommagé.

 

Comment cela aurait-il pu être évité?

La municipalité doit s’assurer que ses chemins sont sécuritaires pour la circulation des automobilistes et des véhicules d’urgence, et ce, en tout temps.

Le gestionnaire du Service de sécurité incendie doit s’assurer que les pompiers amenés à conduire les véhicules d’urgence adoptent une conduite prudente, même en situation d’urgence. Le calendrier de pratique et de formation de votre Service d’incendie devrait comprendre minimalement 1 pratique annuelle sur la conduite des différents véhicules présents dans la caserne.

Cette bonne pratique maintiendra les compétences des chauffeurs et permettra également de cibler ceux qui ont besoin de plus de formation continue afin de la leur offrir.

La municipalité peut également faire appel à une école de conduite pour véhicules lourds afin de l’assister dans la formation de ses pompiers en matière de conduite de camion.

Ces quelques actions, qui font partie d’une gestion intégrée des risques municipaux, auraient pu éviter des coûts considérables à la municipalité en plus de protéger sa réputation auprès de ses citoyens.

Pour plus de renseignements, les membres de la MMQ sont invités à contacter les conseillers de son Service de la gestion des risques.

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Écrit par

Service de la prévention des sinistres

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